Mon art consiste à créer des représentations mouvantes pour le plaisir des yeux.
Les oeuvres que je crée ne s’adressent pas à l’intellect, car elles ne demandent aucune compréhension.
Pour jouir du plaisir de leur contemplation, mes oeuvres réclament des yeux sensibles à la poétique du mouvement.
Dans mon art, le néant est ce qui sépare les images les unes des autres.
Dans mon art, le rien signale qu’il n’y a pas quoi que ce soit à comprendre dans ce que je donne à voir.
Dans mon art, le vide est la surface blanche que je remplis de figures.
Le vide, le rien et le néant ne sont pas pour moi des concepts abstraits, mais des instruments objectifs de création.
C’est avec le vide, le rien et le néant que je façonne la morphologie du mouvement et, au-delà, la subjectivité de la représentation.
Dans mon art, les limites du langage font que le néant devient un oxymore dans la mesure où je dis, par commodité, qu’il peut être un grand néant ou un petit néant.
Le vide est une affaire d’absence, de distance, d’éloignement.
Le rien est une affaire de signification.
Si ce que je fais signifie quelque chose, la chose signifiée cesse de n’être rien, quitte le plaisir des yeux pour se soumettre à la pensée.
Si ce que je fais ne signifie rien, s’il est impossible de l’identifier, la jouissance du « voir » ouvre alors les chemins de l’onirisme, de l’ineffable.
Le vide est un espace à remplir avec des figures, des formes et des signes qui, à leur tour, vont créer entre eux et en eux-mêmes de nouveaux vides.
La conjugaison du vide, du rien et du néant me permettent de rendre visibles des choses irréelles.
José-Manuel Xavier
2026